lundi 12 avril 2010

Du Massey-Harris prêt pour l’action

En cette matinée frisquette et pluvieuse d’avril, Delmar Fisher, un assidu du Club et collectionneur incorrigible de Massey-Harris (M-H), a reçu une vingtaine de membres, et quelques conjointes, pour une visite des antres abritant les objets de sa passion pour les mécaniques agricoles. Bien cachés sous abri ou presque dans l’espace agro-forestier de Bury, quelque vingt tracteurs, surtout des M-H, sont à divers stades de restauration. De la « ruine » prête à livrer ses organes à la machine à la peinture fraîche et chaussée en neuf, dont un 333, Delmar a fait étalage de ses connaissances et talents de restaurateur de tracteurs anciens. Plusieurs ont noté au passage que ses intérêts passaient parfois par du Fordson, du Ford 2N et du Farmall H. Au-delà de ces digressions bien avouées, notre ami Delmar fouille parfois dans les entrailles d’une Oldsmobile 1935, d’une presse à foin New-Holland du début des années 1950, d’un petit bulldozer INTER des années 1960, d’un tracteur à gazon électrique GE de 1969 ou d’un vieux camion militaire Ford de deux tonnes, avec conduite à droite, relique du conflit 1939-1945.

Mais si l’on en juge par les mécaniques et ferrailles en tout genre empilées à la lisière de sa forêt de conifères, Delmar n’est pas en manque de projets. Voilà déjà quatre générations que les Fisher construisent, cultivent, agrandissent, diversifient, développent ce plateau des Cantons-de-l’Est bien imprégné des traditions anglo-saxonnes en matière d’aménagement de l’espace. Et la passion de notre collectionneur de réguines agricoles contribue concrètement à l’entretien des patrimoines locaux. Bien protégées par un abri-entrepôt de 42 x 136 pieds sur dalle de béton et doté en appendice d’un atelier de mécanique de 18 x 20 pieds, les principales pièces de la collection ne subissent finalement que l’inconvénient de la poussière des ans. Certaines ne manquent jamais à l’appel pour une parade au village ou une expo régionale.

Pourquoi M-H? À cette question, Delmar est plutôt évasif. Son père et ses oncles tractaient avec du Cockshutt, un produit canadien englouti dans les fusions des compagnies de machineries agricoles des années 1960 et 1970. M-H était aussi de fabrication canadienne. Sans doute animé par son sentiment d’appartenance au pays de l’unifolié, il a été guidé par sa passion vers un « produit national ». D’ailleurs, un bref coup d’œil sur la littérature spécialisée qui consolide l’imaginaire de « l’homme M-H de Bury » permet de constater que ce dernier est friand de périodiques traitant du génie inventif canadien en ruralité.

Si, à l’instar des autres membres du Club, Delmar n’est plus une jeunesse, de toute évidence il garde la forme et son énergie est manifeste. Son œil vif couplé à ses habiletés et son imagination amène à penser que les machineries agricoles d’un autre âge, surtout à l’enseigne M-H, ont encore de l’avenir.

Merci Delmar pour ton accueil chaleureux et ce partage de ta passion.

JP Gendron
12 avril 2010