samedi 20 mars 2010

Gary Dunsmore : collectionneur enthousiaste d’outils

Ce dimanche 14 mars, Gary Dunsmore, passionné de longue date d’objets anciens et membre d’aussi longue date du Club, non moins très connaisseur en engins stationnaires, a de nouveau «enflammé» notre curiosité avec quelques modèles très représentatifs de l’évolution des «blow torches» (lampes ou torches à souder) au cours de la première moitié du 20e siècle. Gary nous a présenté, un à un, une vingtaine de ces instruments qui, à une époque pas si lointaine, garnissaient le coffre à outils des plombiers, des carrossiers, des «étameurs» et autres métiers nécessitant des habiletés dans la manipulation du plomb, de l’étain, voire de l’or et de l’argent (pour les dentistes), sous haute température.

Gary possède une centaine et plus de ces outils à souder et à modeler, tous de fabrication américaine ou
canadienne… bien que dans un cas, le génie allemand y est représenté. Chacun présente une ou des
caractéristiques qui lui sont propres en fonction du fabricant et de l’année de fabrication. Fonctionnant au kérosène, au naphta ou à l’essence, ces instruments sont d’abord constitués d’un réservoir (de différentes formes) généralement en cuivre, de un ou deux litres (approximativement) surplombés de l’appareillage (conduit, valve, tuyau, gicleur) pouvant dégager une flamme à la température nécessaire à la fonte ou au modelage de métaux non-ferreux s’apparentant au plomb ou à l’étain, ou à des alliages de cette nature, soit quelque 450-500 degrés F. Chacun possède, à une exception près qui est toujours un mystère pour Gary, une pompe à piston intégrée dans le réservoir et, pour des fabricants plus astucieux, dans la poignée. Rappelons que ces «torches» sont des instruments à main. Des marques : Butler, Mastercraft, Unique, National, Turner… et d’autres, autant d’instruments utiles à la construction, à la carrosserie, au modelage de
contenants (dont des bacs à bouillir l’eau d’érable), à la décoration (décapage) et… à la dentisterie.

Où Gary se procure-t-il ces outils passés à l’histoire? Il en a obtenu plusieurs du regretté Bill Kerr, un autre passionné d’objets anciens qui a laissé un « héritage » remarquable; il court évidemment les expos d’équipements «antiques»; et «fouine» bien sûr sur EBay. À l’état neuf, dans les années 1940, ces « torches » affichaient un prix variant de cinq à dix dollars. Aujourd’hui, sur les encans Internet, un collectionneur devra allonger de 50 à 200 $. Gary est-il le seul de son «espèce»? Paraît-il qu’un collectionneur US, Mel Rose, en possèderait 10 000! De quoi entretenir la flamme!

Gary, grand machiniste devant l’éternel, avec sa conjointe Linda, ont d’autres «intérêts conservationnistes» : leur garage-entrepôt bien ordonné recèle une bonne dizaine d’engins stationnaires, une collection de 75 huiliers en tout genre, une abondance certaine de fers à repasser remontant aussi loin que le début du 19e siècle et plus de 125 tasses de thé… question d’entretenir un certain «héritage british».

Merci Gary pour ton enthousiasme contagieux et cette leçon d’histoire de métiers!

JPG Mars 2010

En savoir plus : http://en.wikipedia.org/wiki/Blow_torch

Magnéto 101

Les douze membres du Club présents à la réunion mensuelle du dimanche 8 mars ont appris quelques notions de base sur les composantes et le fonctionnement des magnétos : magnétos d’engins stationnaires bien évidemment, aussi magnétos de tracteur, l’un et l’autre présentant quelques différences. Luc Grenier, fin connaisseur en cette matière, à l’instar des Gary Dunsmore et autres Gilles Marcil, nous a causé pendant plus de trois-quarts d‘heure sur l’entretien et la réparation de ces «générateurs» de courant d’allumage de nos machines antiques préférées… actionnées par un moteur à essence.

Le sujet est à la fois simple et complexe. Simple parce qu’il s’agit-là d’un élément d’électrification composé de quelques pièces généralement très accessible, attaché à la paroi du moteur. Complexe parce la résultante du magnétisme, des voltages et du faible ampérage produite par des pièces - certaines mobiles dans le cas des tracteurs - sensibles aux aléas de la poussière, de l’humidité et des éclaboussures d’huile, doit générer en fin de course la «spark» de qualité au moment voulu. Quand cet assemblage et cette production d’énergie font défaut, c’est là que Luc et ses « compères du magnéto » font valoir leurs talents, sinon leurs secrets, de
réparateur… dont il a livré quelques rudiments.

Luc s’est fait particulièrement insistant sur la protection des magnétos, sur engins ou sur tracteurs, contre l’humidité et les salissures d’huile contenant des particules métalliques, deux causes qui peuvent «grounder» le processus d’allumage.

Bien sûr il a été question de marques spécifiques : Webster, Webco, Wico (sur les John Deere) ainsi que sur le transfert, en termes d’avantage et d’inconvénients dans le cas des tracteurs, du magnéto au générateur. Pour en savoir plus et approfondir le sujet, Luc recommande une visite à http://www.old-engine.com/ (Harry’s Old Engine Home Page)

Cet exposé enthousiaste d’un membre fondateur de Machines d’Antan de l’Estrie est représentatif de la passion des membres, de leur intérêt, et surtout de leurs connaissances techniques et historiques sur ces ingénieuses «vieilles machines» qui ont jalonné la révolution industrielle des 19e et 20e siècles. Merci Luc pour cet «entretien» de notre motivation.

JP Gendron
le 9 mars 2009

Raymond Chagnon partage sa passion

Les membres du Club ayant participé à la réunion mensuelle de février ont eu le plaisir, et le privilège, d’apprécier l’exposé d’un membre de longue date, aussi passionné d’histoires de machineries agricoles que collectionneur de tracteurs : Raymond Chagnon. Fort de son expérience de près de quatre décennies comme concessionnaire International Harvester (IH) à Coaticook et grand connaisseur de l’évolution de la mécanisation agricole au cours du 20e siècle, Raymond a sommairement établi l’historique des instruments aratoires et bien sûr de la force qui les met en mouvement, les tracteurs,

De Cyrus McCormick, inventeur de la moissoneuse-lieuse, jusqu’aux technologies contemporaines apparues dans les années 1970 autant chez IH que chez la concurrence, en passant par les innovations de
John Deere et de Harry Ferguson, notre conférencier, disons-le aussi émérite que volubile, nous a entretenu pendant une heure et demie des grandes étapes de la modernisation de l’agriculture à la lumière des conditions économiques qui ont prévalu au cours du dernier siècle.

Il a été question évidemment des grandes marques qui ont coloré l’activité des champs : Farmall, Ford, Case, John Deere, Massey-Harris, Ferguson, Cockshutt et d’autres moins connues comme Hart Parr, Minneapolis-Moline. Raymond a aussi abordé les stratégies de vente des fabricants ainsi que les relations compagnie-concessionnaires… pas toujours au beau fixe.

Des sujets connexes ont aussi été discutés suite aux questions des membres : le nombre de manufacturiers de tracteurs dans la première moitié du 20e siècle (plus de 180), l’introduction du design dans les tôleries et les particularités mécaniques de certaines marques, la valeur du patrimoine « tracteurs » ici comparativement au nord-est américain, le marché des pièces usagées ainsi que les raisons à la base de cette passion de collectionner et restaurer des machines d’un autre âge. Y aura-t-il une relève aux collectionneurs vieillissants que nous sommes? L’assemblée a conclu que la question demeure.

Somme toute, une présentation qui nous a davantage instruits sur les machines que nous « affectionnons », qui nous a fait mieux connaître un membre à l’érudition impressionnante sur les mécaniques agricoles et qui a ragaillardi notre motivation.

Bravo et merci Raymond!

Jean-Paul Gendron
Février 2009